On rallie la région…
On rallie la région…

Région
On a souvent réduit les Hauts-de-France à une terre de passage, un trait d’union entre Paris et le Nord, ou une carte postale jaunie par les clichés : les corons, les champs de betteraves à perte de vue, les ciels lourds de pluie. Pourtant, c’est ici que l’on comprend ce que signifie habiter un paysage. Pas en le survolant, mais en l’arpentant, en suivant le rythme des marées à la pointe du Hourdel, en montant les pavés de Cassel pour voir la plaine flamande se dérouler comme une toile, ou en écoutant le sifflement du vent dans les roseaux du Marquenterre. Ces terres ne se donnent pas d’emblée ; elles demandent qu’on y revienne, qu’on accepte leur mélancolie autant que leur lumière crue.
Entre la Baie de Somme et la Côte d’Opale, on trouve des rivages qui n’ont rien de sage : des dunes qui avancent, des bancs de sable qui se déplacent au gré des courants, des phoques qui remontent l’estuaire comme des fantômes. Mais c’est aussi un territoire façonné par les mains des hommes, où chaque pierre raconte une histoire — celle des pilotes qui guident les bateaux entre les bancs de sable, celle des architectes qui ont imaginé la Villa Cavrois comme un manifeste moderne en pleine campagne, ou celle des cheminots qui font revivre, à coups de vapeur et de sifflets, le temps où le train était une aventure.
Ici, le plat pays n’est jamais monotone. Il suffit de grimper sur le mont Cassel pour s’en convaincre : la vue porte jusqu’à la Belgique par temps clair, et l’on devine, entre les haies et les fermes, les cicatrices des guerres qui ont soudé ces terres. Les estaminets, les jardins ouvriers, les blockhaus érodés par le sel — tout parle d’une résilience qui n’a rien de spectaculaire, mais qui colle à la peau. On ne vient pas aux Hauts-de-France pour s’émerveiller ; on y vient pour comprendre, pour sentir le poids des choses, et pour repartir avec l’impression d’avoir touché du doigt quelque chose de vrai.
4 localités visitées dans cette région.

Cité fortifiée à l'embouchure de la baie de Somme, classée Plus Beaux Villages, où Guillaume le Conquérant a embarqué pour conquérir l'Angleterre en 1066. Les ruelles pavées montent vers la ville haute, le port en bas attend les bateaux qui partent pour la baie au gré des marées.

Je n'arrive pas à Saint-Valery par hasard. Ce n'est pas une ville que l'on traverse, c'est une ville que l'on choisit. Nichée à l'embouchure de la Somme, entre les landes humides et le ciel immense du Nord, elle s'offre lentement, comme une confidence chuchotée.

Bistrot face à la baie de Somme, à deux pas du quai d'embarquement du petit train.

Réserve ornithologique de référence française, 200 hectares en Réserve Naturelle de la baie de Somme. 350 espèces observées, dont cigognes blanches, spatules, avocettes, tadornes. 13 postes d'observation, 3 boucles (2, 4 ou 6 km), guides naturalistes en saison.

Pointe sud de la baie de Somme, meilleur point libre d'observation des phoques veaux-marins de France métropolitaine — colonie de 600 individus, visibles à marée basse sur les bancs de sable. Phare vert et blanc, cordon de galets de 12 km jusqu'à Onival.

Jardin public au sommet du Mont Cassel, point culminant des Flandres à 175 m. Tilleuls centenaires, statue équestre du Maréchal Foch (qui y avait son QG en 14-18), table d'orientation embrassant 5 départements par temps clair — jusqu'aux côtes anglaises certains jours.

Village perché du Mont Cassel — vues sur les Flandres jusqu'à la Mer du Nord par temps clair.

Chef-d'œuvre moderniste de 1932 conçu par Robert Mallet-Stevens pour la famille Cavrois, la Villa Cavrois est un manifeste architectural unique en son genre, aujourd'hui restauré et ouvert au public par le Centre des Monuments Nationaux.

Village de pêcheurs en baie de Somme. Seule plage de la Manche exposée plein sud, eau 2-3 °C plus chaude qu'ailleurs. Jeanne d'Arc y fut emprisonnée en 1430 ; Jules Verne y écrivit une partie de Vingt Mille Lieues sous les Mers depuis sa maison La Solitude.