Réserve ornithologique de référence française, 200 hectares en Réserve Naturelle de la baie de Somme. 350 espèces observées, dont cigognes blanches, spatules, avocettes, tadornes. 13 postes d'observation, 3 boucles (2, 4 ou 6 km), guides naturalistes en saison.
Trois cents espèces d'oiseaux, un tiers de tout ce qui se voit en Europe. Et le silence qu'il faut pour les regarder.
Il existe en Europe trois grands sites ornithologiques majeurs : le Parc national de Coto de Doñana (delta du Guadalquivir, Espagne), la mer de Wadden (côtes des Pays-Bas, d'Allemagne et du Danemark), et le Parc du Marquenterre (pointe nord de la baie de Somme, France). Le moins connu des trois est aussi le plus fragile et probablement le plus pédagogique. C'est lui qu'on vient ici regarder.
Les notes laissées par les membres Carnets+ dans la marge de ce carnet.
Aucune note pour l'instant.
— littéralement. Le territoire actuel n'existait pas il y a 200 ans : c'était une succession de
bancs de sable, de slikkes
(vasières) et de
schorres
(prés-salés) que la baie déposait au é de ses divagations. À partir du Second Empire, des
remblais
sont jetés à la pointe nord pour fixer le trait de côte ; au début du XXᵉ siècle, des
pinèdes maritimes
sont plantées pour stabiliser les sables.
Le résultat est une mosaïque écologique unique : dunes, lagunes saumâtres, marais doux, prés-salés, pinèdes, hauts de plage. Cette diversité est exactement ce qui attire les oiseaux : chaque espèce trouve son habitat dans un rayon de 200 hectares.
Le parc est créé en 1973 par Michel Jeanson, naturaliste autodidacte, sur des terrains que sa famille avait achetés pour la chasse. Refusant la tradition familiale, il décide d'en faire un sanctuaire. C'est probablement l'un des actes individuels les plus structurants pour la biodiversité française du XXᵉ siècle.
Une réserve naturelle, ce n'est pas un endroit où l'on protège quelques espèces. C'est un endroit où l'on apprend à laisser faire.
350 espèces d'oiseaux ont été recensées sur le parc — un tiers de toutes les espèces observables en Europe. Les vedettes du printemps et de l'été :
Cigognes blanches : 25 à 30 couples nicheurs sur les plateformes du parc, observables d'avril à août. Les nids, énormes, sont visibles à l'œil nu. Naissances en mai
Spatules blanches : groupes en stationnement en mai et août, élégance pure (le bec en spatule est unique en Europe occidentale)
Avocettes élégantes : robe noir et blanc, bec recourbé vers le haut, niche en lagune. Symbole du parc
Tadornes de Belon : canards plus grands que les colverts, plumage tricolore vert-blanc-orangé
Hérons cendrés et pourprés, busards, échasses blanches, gravelots, sternes, oies cendrées en migration
Faucons pèlerins en chasse au-dessus des marais — l'un des spectacles les plus impressionnants quand on a la chance de l'attraper
Le parc se visite toute l'année, mais deux fenêtres méritent un déplacement spécifique :
Printemps (mars-mai) : migration prénuptiale. Les oiseaux remontent du Sud, plumages nuptiaux, parades, parades, parades. Les cigognes refont leur nid
Automne (août-octobre) : migration postnuptiale, l'apogée. Jusqu'à 30 000 oiseaux simultanés sur le site. C'est probablement la plus belle saison
L'hiver offre les oies cendrées en stationnement et un silence quasi monastique. Le ciel est gris, le marais est gris, les oiseaux sont des points noirs. C'est une autre forme de beauté.
Treize postes d'observation en bois, équipés de meurtrières et de panneaux d'identification. Chaque poste s'ouvre sur un milieu différent (lagune, schorre, pinède, marais doux). On y entre, on s'assoit sur un banc, on regarde par les meurtrières — le bois absorbe les bruits, les oiseaux ne nous voient pas. Ne pas parler fort. Ne pas claquer la porte du poste. Ne pas allumer le flash.
Apporter ses jumelles est essentiel — 8×42 minimum, 10×42 idéal. Sans, on rate l'essentiel. Location possible à l'accueil (5 € la journée) si on est de passage.
Visites guidées gratuites (incluses dans le billet) avec un guide ornitho en haute saison. Deux créneaux par jour : 10 h et 14 h, durée 2 h. À réserver à l'arrivée. Indispensable pour une première visite — on identifie 5 fois plus d'espèces qu'en autonomie. Le guide pointe ce qu'on n'aurait jamais vu.